2 février 2017

Kaolack

KAOLACK

Kaolack est au cœur du Sénégal. Ville portuaire de 340,000 habitants située sur le fleuve du Saloum, l’activité économique y est  importante : grossistes, détaillants, et marchés rendent la ville très dynamique, malgré un certain déficit structurel et organisationnel.

La capitale de la région est aussi un des plus grands carrefours du pays, à la croisée des routes menant vers la Gambie, la Casamance, Tambacounda, Thiès et Dakar. Cependant et malgré le potentiel de la région, les investissements privés et publics sont trop peu nombreux et ne suffisent pas à rendre la ville attractive. Les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’hygiène souffrent également de problèmes structurels et manquent de moyens pour répondre aux besoins de la population. De nombreuses maladies, endiguées pour la plupart dans le reste du monde, font en effet encore l’objet d’épidémies récurrentes telle que la Méningite Cérébrale Spinale (MCS), les Paralysie Flasque Aigue (PFA), la rougeole, l’ictère fébrile, les diarrhées sanglantes, le TNN. Le district de Kaolack a connu beaucoup de cas de paludisme confirmés et son taux de morbidité arrive en tête de la région avec 18%. De même il dépasse largement le taux de prévalence nationale du SIDA (0,7%) et atteint les 1,1%. Ainsi, en 2013 (dernier rapport publié par l’ANSD[1]) les causes de morbidités les plus fréquentes  étaient encore  l’Hypertension Artérielle (HTA), le paludisme, l’Infection Respiratoire Aigue (IRA), les maladies diarrhéiques et les affections oeso-gastro duodénales.

Cette situation écarte ainsi des priorités des politiques publiques d’autres enjeux, pourtant essentiels, tel que la gestion des déchets. Ainsi les écoulements des eaux usées,  les dépôts d’ordures, l’absence de containeurs à déchets et les jets d’eaux usées sur la voie publique restent à ce jour des problèmes majeurs. La ville de Kaolack, produit  en effet 152 tonnes de déchets par jours, dont 6% de plastique, soit environ 9 tonnes. Le système de collecte des ordures est défaillant, de nombreuses décharges sauvages parsèment la ville, provoquant une cohabitation forcée entre déchets et les habitants.

La construction d’une décharge ou d’un site d’enfouissement est une urgence et peut simplifier les choses pour les associations, les opérateurs privés ou les groupements d’intérêt économique (GIE), qui sont impliqués dans la pré-collecte de déchets. La municipalité doit, en plus du site d’enfouissement, acquérir des «sites intermédiaires» ou «centres de transit» avec des facilités appropriées (bacs, bennes, camions…) qui sont pour le moment à la charge de  charretiers recrutés par des organismes communautaires (quartiers, GIE, etc…), actifs dans la pré-collecte mais qui ne peuvent pas, avec leurs faibles moyens, parcourir de plus grandes distances  pour déposer les ordures dans une décharge.

Dans les zones dépourvues de prétraitements d’ordures, la population est obligée d’enterrer (spécialement le verre et les sacs en plastique) ou d’incinérer les déchets par ses propres moyens à l’intérieur ou à proximité des concessions. Ces « décharges en plein air » présentent des risques importants pour la santé et pour l’environnement : pollution des eaux souterraines, émanation de dioxines dangereuses lors de l’incinération, prolifération des rats.  Lors de la saison des pluies, les habitants sont obligés de fortifier leurs entrées pour empêcher la propagation des déchets dans leurs habitations. Cette situation a donc permis la conception du projet KaoPlast, que nous vous invitons à découvrir plus en détails : ICI